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La tombe de De Gaulle vandalisée

En ce samedi 27 mai, premier jour de Ramadan 2017 et journée nationale de la Résistance, la tombe de De Gaulle a été vandalisée.

On lit sur le blog de Jean-Marc Morandini (ici) qu’il ne s’agit pas de l’acte d’un homme seul puisqu’il serait le fait d’un groupe.

20h02: Il est environ 17 heures, lorsque plusieurs individus pénètrent dans le cimetière de Colombey-les-deux-églises en Haute-Marne selon la station régionale de France 3.

L’un d’eux serait monté sur la tombe du Général de Gaulle et aurait poussé la croix en pierre, qui a finit par se briser. Aucune autre dégradation n’aurait été constatée.

L’homme ayant la trentaine a agit à visage découvert et a également craché sur la tombe. Bien que la tombe soit filmé en permanence, les forces de police n’ont visiblement pas trouvé pertinent d’indiquer le profil physique et ethnique de l’individu qui serait selon le maire de la commune une personne déséquilibrée.

23h58: «C’est apparemment quelqu’un de bizarre qui est venu voler des drapeaux… C’est plus quelqu’un d’un peu dérangé qui a réalisé malheureusement ce méfait grave», a estimé de son côté sur France Info le maire de la commune, Pascal Babouot, ajoutant que sa plaque d’immatriculation était en cours d’identification, «mais ce ne serait pas quelqu’un de notre coin».

Jusqu’à preuve du contraire, si l’on n’est pas du coin, on ne vient pas à Colombey par pur hasard. 

L’acte est donc prémédité ? 

De Gaulle a peut-être été victime de sa propre politique de l’abandon de l’Algérie Française, qui a conduit au développement d’une cinquième colonne islamiste Pro-Daesh en France. 

Ils ont craché sur ta tombe. Ta défaite aura été totale.

Le saccage des tombes juives et chrétiennes est un grand classique des islamistes.

En Lybie (profanation de tombes juives et chrétiennes à coup de pied et de masses)

En Algérie (profanation du cimetière des marins français morts à Mers-el-Kebir)

Nos pensées vont plutôt aujourd’hui aux victimes directes du général De Gaulle, ce million de pieds-noirs qu’il a trahi et pour lesquels il n’aura eu aucune compassion, aux harkis assassinés par dizaines de milliers par les bourreaux du FLN et victimes de l’abandon par la France, aux milliers de civils français assassinés et égorgés par le FLN, aux femmes françaises violées dans les bordels du FLN, aux soldats de l’Armée Française morts en terre d’Algérie, aux centaines de morts de l’OAS assassinés par les barbouzes de De Gaulle et à tous les disparus de l’Algérie Française.

Pour rappel, les évènements qui nous font juger de la responsabilité pleine et entière de De Gaulle :

Le 20 janvier 1946, De Gaulle démissionne. Chef du Gouvernement provisoire de la République française (GPRF) depuis juin 1944, n’accepte pas que la future constitution ne donne que des pouvoirs très réduits au futur président de la République.  Plus d’info ici.

Le 16 juin 1946, dans son « discours de Bayeux », De Gaulle expose sa vision constitutionnelle de la France, prônant un exécutif fort et un Parlement avec deux chambres. Il ne sera pas écouté, et la IVe République, adoptée par référendum en 13 octobre 1946 (après un premier échec en mai) consacrera le régime des partis.
Le 16 janvier 1947, un an après le départ du général de Gaulle, un collège électoral élira le premier président de la IVe République, Vincent Auriol.  

C’est la traversée du désert pour De Gaulle. Plus d’info ici.

Mais les réseaux Gaullistes sont sur le coup (ici). 

Le 13 mai 1958, putsch organisé officiellement par le « Groupe des sept » en Algérie à l’issue de la manifestation organisée par le général Raoul Salan en hommage aux trois prisonniers français exécutés par le FLN en Tunisie. Un assaut est donné contre le gouvernement général (GG) d’Alger, siège de l’autorité parisienne en Algérie. Ce putsch vise à renverser le régime de la Quatrième République, dont les gouvernements successifs étant jugés favorables à « l’abandon » de l’Algérie par la République, et à remettre le pouvoir entre les mains de l’armée. Pierre Pflimlin investi par l’Assemblée le 14 mai 1958 comme Président du Conseil démissionnera deux semaines plus tard. Plus d’info ici

Le 14 mai, à 5 heures du matin, Massu lance un nouvel appel : « Le comité de salut public supplie le général de Gaulle de bien vouloir rompre le silence en vue de la constitution d’un gouvernement de salut public qui seul peut sauver l’Algérie de l’abandon ».

Le lendemain, 15 mai 1958, le général Raoul Salan prononce une allocution devant le comité de salut public, à l’intérieur du Gouvernement général d’Alger : « Vive la France, vive l’Algérie française, vive le général de Gaulle ! ».

Le 15 mai 1958, De Gaulle sortant de sa réserve déclare :

La dégradation de l’État entraîne infailliblement l’éloignement des peuples associés, le trouble de l’armée au combat, la dislocation nationale, la perte de l’indépendance. Depuis douze ans, la France, aux prises avec des problèmes trop rudes pour le régime des partis, est engagée dans ce processus désastreux.

Naguère, le pays, dans ses profondeurs, m’a fait confiance pour le conduire tout entier jusqu’à son salut.

Aujourd’hui, devant les épreuves qui montent de nouveau vers lui, qu’il sache que je me tiens prêt à assumer les pouvoirs de la République.

Le 24 mai 1958 débute l’Opération Résurrection avec dans un premier temps la prise de la Corse par le 1er BPC. La seconde partie de l’opération doit se dérouler à Paris. Michel Debré se tient au courant heure par heure des préparatifs et en informe le général de Gaulle. Le général Miquel qui dirige l’opération Résurrection prévoit des parachutages sur les aérodromes du Bourget et de Villacoublay. Les généraux Raoul Salan et Jacques Massu doivent faire partie de la première vague. Plus d’info ici.

Le 27 mai 1958 de Gaulle affirme dans un communiqué qu’il entame le processus régulier pour « l’établissement d’un gouvernement républicain ». Stupeur dans la classe politique. Serait-ce un coup d’État ?

Le 28 mai, démission du président du Conseil Pierre Pflimlin et fin de son gouvernement.

Pour dénouer la situation, René Coty, le président de la République, se résout le 1er juin, dans un message au Parlement, à en appeler au « plus illustre des Français… Celui qui, aux heures les plus sombres de notre histoire, fut notre chef pour la reconquête de la liberté et qui, ayant réalisé autour de lui l’unanimité nationale, refusa la dictature pour établir la République ».

Le général forme sans attendre un gouvernement de rassemblement avec le SFIO (parti socialiste), le Centre National des Indépendants (droite), le MRP (chrétien démocrate), Michel Debré (gaulliste)…

Investi de la présidence du Conseil, le général Charles de Gaulle s’attelle à la mise sur pied de la Constitution de la Vème République, approuvée par référendum en septembre 1958.

Dans son discours du 4 juin 1958 à Alger, Charles de Gaulle à Alger, depuis le balcon du Gouvernement général, devant la foule réunie sur la place du Forum déclare « Je vous ai compris ».

Alors que la foule était en liesse, l’Algérie française venait de mourir (le discours complet ici). Car De Gaulle n’avait aucune intention de garder l’Algérie française (ici).

Eh bien ! de tout cela, je prends acte au nom de la France et je déclare, qu’à partir d’aujourd’hui, la France considère que, dans toute l’Algérie, il n’y a qu’une seule catégorie d’habitants : il n’y a que des Français à part entière, des Français à part entière, avec les mêmes droits et les mêmes devoirs. (…). Français à part entière, dans un seul et même collège ! Nous allons le montrer, pas plus tard que dans trois mois, dans l’occasion solennelle où tous les Français, y compris les 10 millions de Français d’Algérie, auront à décider de leur propre destin.

Pour ces 10 millions de Français, leurs suffrages compteront autant que les suffrages de tous les autres.

Ils auront à désigner, à élire, je le répète, en un seul collège leurs représentants pour les pouvoirs publics, comme le feront tous les autres Français.

Hors au recensement de 1954, on compte en Algérie 9 370 000 musulmans, 1 052 400 européens et 130 000 juifs (ici). 

Le 21 décembre 1958, Charles de Gaulle devient le premier président élu de la Ve République.

Le 16 septembre 1959, De Gaulle annonce l’autodétermination (ici) :

La deuxième condition du règlement est que tous les Algériens aient le moyen de s’exprimer par le suffrage vraiment universel. Jusqu’à l’année dernière, ils ne l’avaient jamais eu. Ils l’ont, à présent, grâce à l’égalité des droits, au Collège unique, au fait que les communautés les plus nombreuses, celles des Musulmans, sont assurées d’obtenir dans tous les scrutins la grande majorité des élus. Ç’a été là un changement de la plus vaste portée ; littéralement une révolution.

Le 28 septembre dernier, les Algériens ont, par référendum, adopté la Constitution et marqué leur intention que leur avenir se fasse avec la France. Le 30 novembre, ils ont élu leurs députés ; le 19 avril, leurs Conseils municipaux ; le 31 mai, leurs sénateurs. Sans doute ne manque-t-il pas de gens pour prétendre que, dans la situation on se trouvaient les électeurs, pressés par les forces de l’ordre et menacés par les insurgés, ces consultations n’ont pu être sincères que dans une mesure limitée. Cependant, elles ont eu lieu, dans les villes et dans les campagnes, avec une grande masse de votants. Et même, lors du référendum, le concours fut général, spontané et enthousiaste. En tout cas, la voie est ouverte. Dès que viendra l’apaisement, elle pourra être utilisée encore plus librement et encore plus largement. L’an prochain, aura lieu l’élection des Conseils généraux, d’où seront tirés, par la suite, certains grands Conseils administratifs, économiques et sociaux, qui délibéreront, auprès du Délégué général, du développement de l’Algérie.

Pour avoir une idée de l’atmosphère des élections (ici) un document très intéressant sur les législatives de 1958 en Algérie.

Au cours de ce 2 discours, De Gaulle offre 3 possibilités : la Francisation (intégration, position des Français d’Algérie) mais dont il ne veut pas, la sécession (position FLN) et l’association, à laquelle va sa préférence.

Ce discours déclenche la semaine des Barricades du 24 janvier au 1er février 1960. Le général Challe demande à Michel Debré d’intervenir auprès de de Gaulle pour qu’il retire son projet d’autodétermination. Celui-ci refuse et ordonne à Delouvrier d’employer la force si nécessaire pour mettre fin aux émeutes d’Alger.

Cette semaine marque une escalade des partisans de l’Algérie française. Elle s’inscrit à la suite de la journée du 13 mai 1958 et préfigure la tentative de coup d’État du 22 avril 1961. 

Elle est également le symbole d’une fracture entre Français : d’un côté les Français de métropole las de cette guerre et qui soutiennent la proposition d’autodétermination du président de Gaulle, et d’autre part, les Français d’Algérie qui se sentent trahis et abandonnés.

Les meneurs sont arrêtés et emprisonnés et jugés par un tribunal militaire en Métropole. Le procès dit « des Barricades » se tient à Paris au mois de novembre 1960. Les accusés Pierre Lagaillarde et Joseph Ortiz, mis en liberté provisoire pour la durée du procès, s’enfuient à Madrid, Espagne où ils fondent l’OAS en décembre.

Le Référendum sur l’autodétermination en Algérie a lieu le 8 janvier 1961 (ici).
Le 20 février 1961, De Gaulle commence les négociations avec le GPRA.

A la «trêve statique» des Français, les Algériens opposent leur «cessez-le-feu dynamique» qui serait fonction des progrès de la négociation…

Le 8 mars, lors d’une nouvelle réunion, Bruno de Leusse lit devant les émissaires du GPRA un communiqué du chef de l’Etat appelant à l’ouverture de discussions «sans conditions préalables». En bref, le cessez-le-feu n’en est pas un. Il sera l’objet de négociation comme un autre…

Ce 8 mars 1961, De Gaulle vient donc d’en passer par la première des quatre volontés du FLN.

Les trois autres exigences du mouvement révolutionnaire sont claires: 1) le FLN doit être considéré comme le seul représentant qualifié du peuple algrérien; 2) l’Algérie est une, Sahara compris (ce qui n’a aucun fondement historique: le Sahara n’a appartenu à l’Algérie que sous la souveraineté française); 3) le peuple algérien est un, et ce que décidera la majorité du peuple vaudra pour tout le territoire et pour tous ses habitants. Il ne doit donc y avoir aucun statut particulier pour les Européens. C’est le futur gouvernement algérien qui, une fois installé, décidera avec son homologue français des garanties dont ils jouiront, des modalités de la coopération et des questions de défense. En attendant, il convient de discuter des garanties de l’autodétermination.

Il cèdera sur tout au fil de l’eau. Voir ici.

Le 21 avril 1961 a lieu le putsch des généraux qui se révèle un échec.

Le 19 mars 1962, l’Elysée a renoncé dans le texte des accords d’Evian à tout statut particulier pour nos nationaux et aucune clause ne concerne précisément les supplétifs.

De Gaulle avait assuré qu’en cas de rupture brutale avec l’Algérie, l’Etat entreprendra de «regrouper dans une région déterminée les Algériens de souche européenne et ceux des musulmans qui voudraient rester avec la France», donnant ainsi un début de réalité au thème de la «partition» lancé à sa demande par Peyrefitte.

Il n’en sera rien. Car le FLN veut le départ des européens et pratique la terreur. Les attentats FLN se multiplient (ici).

C’est un nettoyage ethnique et religieux qu’évoque sans fard dans ses Mémoires, l’ancien président du GPRA, Ben Khedda, en se vantant d’avoir réussi à «déloger du territoire national un million d’Européens, seigneurs du pays».

Pire, le 19 mars 1962, Michel Hacq, patron de la mission «C» (C pour choc) qui supervise les barbouzes (ces «éléments clandestins» chargés depuis décembre 1961 de la lutte contre l’OAS), rencontre secrètement le chef fellagha Si Azzedine, patron de la Zone autonome d’Alger, pour lui remettre une liste d’activistes de l’OAS. Tout y est: les noms et les pseudonymes, les âges et les adresses. Une première liste a déjà été fourni en janvier 1962.

Le 26 mars, rue d’Isly, une manifestation interdite mais pacifique de Français d’Algérie se dirigeant vers le quartier de Bab-el-Oued, foyer de l’OAS, encerclé par l’armée, se heurte à un barrage de tirailleurs venus du bled. Elle est mitraillée à bout portant. Bilan: près de 49 morts et 200 blessés.

Le 3 avril 1962, lors d’une réunion du Comité des affaires algériennes, De Gaulle déclare qu’«il faut se débarrasser sans délai de ce magmas d’auxilliaires qui n’ont jamais servi à rien» et il donne l’ordre de désarmer les harkis.

Le 4 mai, en Conseil des ministres, il déclare que: «L’intérêt de la France a cessé de se confondre avec celui des pieds-noirs.» 

Le 5 juillet, massacre des pieds-noirs à Oran par les algériens alors que 18000 soldats stationnent dans la ville. Le boucher d’Oran, le général Katz laisse faire. A la radio française, le speaker annonce « Quelques incidents se sont produits à Oran » et le journal du jour avait reproduit une déclaration de Ben Khedda qui, s’adressant aux Européens avait dit : «Nous appliquerons loyalement les accords d’Evian car les Européens ont leur place ici» (ici).

Le 6 juillet 1962, le lieutenant De Guelre est fusillé. Claude Pietgs et Albert Dovecar le 7 juin.

Pour la France, à part quelques enlèvements, les choses se passent à peu près convenablement», déclare De Gaulle le 18 juillet.

Le 11 mars 1963, l’ingénieur et lieutenant-colonnel Jean Bastien-Thiry est fusillé.

Le 18 avril 1963, Jean de Brem est tué à Paris.

Pour une chronologie complète et accéder à un matériel considérable de récits, ici.

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A Paris le vendredi 30 novembre à 17 heures : diffusion du film «La Valise ou le Cercueil»

Si vous êtes disponible le vendredi 30 novembre à 17 heures, allez voir le film La valise ou le Cercueil de Charly Cassan.

Ce film, sorti quelques mois avant les commémorations du cinquantenaire de l’indépendance de l’Algérie, est un précieux trésor pour quiconque, attaché à l’histoire de notre pays, a envie d’entendre une autre musique que celle de la version officielle sur les événements d’Algérie que les médias nous imposent.

A lire, un article sur ce film sur le site de Riposte Laïque (l’image provient de cet article : cliquez-ici).

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