Crimes contre l’humanité sur les patriotes durant la guerre d’Algérie

« Les Justes meurent comme des chiens ; les crapules ont leur chance. C’est un monde totalitaire déserté par toute transcendance. Le Mal n’y est pas un scandale mais la règle commune. » (Commandant Hélie Denoix de Saint Marc, officier putschiste du 1er REP).

Prenez garde car l’histoire est un éternel recommencement.

A Alger, le colonel Debrosse (surnommé « le sanguinaire »), responsable du maintien de l’ordre, faisait merveille. Acharné à réduire, « par tous les moyens » la résistance des Européens, il s’était spécialisé dans la torture contre les membres de l’O.A.S. et n’hésitait pas à participer en personne aux interrogatoires et aux sévices en tous genres, y compris sur les femmes. Il était secondé admirablement, dans cette entreprise de destruction des volontés et des corps par son acolyte, le commandant Laporte, ainsi que par quelques civils sans scrupules, alléchés par les primes et le « profil de carrière sécurisant » que leur avait assuré le Chef de l’Etat.

Dans les hôpitaux d’Alger, on désignait par « fracture des Tagarins » une fracture spécifique du coccyx, obtenue par les gendarmes du colonel Debrosse, fracture du rachis dû à des coups portés dans la position dite de l’estrapade.

La caserne des Tagarins était le centre de torture des partisans de l’Algérie française. Ce lieu d’épouvante était le théâtre de sévices auxquels s’adonnaient barbouzes et gendarmerie. 

Avec un acharnement et un raffinement tout particulier, Debrosse et ses séides n’hésiterons pas à passer à la question des compatriotes résolus à garder française un territoire de la République.

L’école de police d’Hussein Dey, à Alger, où était installé un détachement de police judiciaire envoyé de métropole, la « mission C », servira également de lieu d’internement où les sévices seront nombreux.

Le criminel

La nébuleuse « BARBOUZE » en Algérie se composait (ici) : 
– du réseau MPC (mouvement pour la communauté).
– de la Force « C » (pour « Choc »).
– de la SM (Sécurité Militaire).
– de certaines unités de gendarmes mobiles. 
– de la BDL, en métropole, qui coordonnait les services de polices et quelques réseaux « barbouzes ».

Coups, étranglements, électricité, ongles arrachés, yeux crevés, brûlures, sont le lot d’horreurs quotidien qu’ont à subir les malheureux prisonniers.

Couvrant ces pratiques, le gouvernement français s’oppose aux visites du CICR « dans les camps où les Européens sont arrêtés pour activités subversives ». « Je serais, pour ma part, hostile à une intervention quelconque de la Croix-Rouge internationale dans tout ce qui concerne les arrestations et détentions d’Européens », écrit le 2 avril 1962 Louis Joxe dans un télégramme « très secret ».

Les victimes :

– Cinq commandos barbouzes en voiture font sauter les établissements l’Otomatic, le Tantonville, le Cheval Blanc. Deux jours plus tard, le Joinville, le Coq Hardi et le Viaduc sautent à leur tour. Le tout pour faire accuser l’OAS. Tous ces établissements étaient très fréquentés par les Européens (ici).
– Paul Sintès et sa fiancée Angèle Léoni, 20 ans. Angèle fût violée et empalée, les ongles arrachés et la pointe des seins coupée au rasoir (ici).
– Mme Salasc, mère de cinq enfants, et sa mère Mme Gasser (ici).
– Trois techniciens de la société SN Repal.
– Fernand Lopez agent immobilier.
– 12 morts au restaurant Le Grand Rocher.
– Sauveur Costagliola (ici), nom de code Charles, commando Delta 7. 
– Antoine Esposito, victime des Gardes Mobiles à l’école de Police d’Hussein-Dey (ici).
– Ziano, Falcone, Sintes, Tur (ici).
– Michel Massenet adjoint de Degueldre est tué à main nu par un vietnamien de Jim Alcheik.
– Michel Lievin des commandos delta est capturé et torturé par les vietnamiens d’Alcheik.
– José Salord est enlevé et torturé ainsi que Albert Coronal qui sera supplicié pendant plusieurs heures.
– Le fils du commandant des territoriaux des barricades, Sapin-Lignere.
– Henri Vinent est capturé et atrocement torturé dans la cave de la villa « Andréa ».
– Alexandre Tilenkoff, à qui on arrache les ongles, puis un œil.
– M. Quidet, le propriétaire du studio de Tislenkoff.
– Jacques Gosselin chef de chantier à l’U.A.T.P. (Union Algérienne des Travaux Publics).
– Le capitaine Le Pivain, tué par les gendarmes mobiles.
– L’ingénieur PetitJean soupçonné à tort d’appartenance à l’OAS, qui sera torturé et retrouvé près d’Orléansville coupé en morceaux dans un sac plastique. Torturé à l’acide attaché à une chaise. Sur son front de l’acide coule goutte à goutte d’une boîte de conserves suspendue au-dessus de sa tête.
– André Troise, enlevé par les barbouzes, un doigt arraché à la tenaille « à vif » (ici).


Le 7 mars 1962 Roger Frey donne l’ordre à Jean Morin de rapatrier en métropole les barbouzes survivants.

C’est donc la fin des opérations qui ont coûté un milliard et demi d’ancien francs une centaine de morts barbouzes (environ la moitié de l’effectif) et quatre cents morts et disparus coté OAS.

Des fouilles entreprises dans les jardins des villas en 1968 ont permis de mettre à jour une trentaine de squelettes dont certains avaient le crâne percé.

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