Pour satisfaire le peuple, donnez lui l’accessoire et retirez lui l’essentiel : Panem et Circenses

« A mesure que diminue la liberté économique et politique, la liberté sexuelle a tendance à s’accroître en compensation. Et le dictateur (à moins qu’il n’ait besoin de chair à canon et de familles pour coloniser les territoires vides ou conquis) fera bien d’encourager cette liberté-là. Conjointement avec la liberté de se livrer aux songes en plein jour sous l’influence des drogues, du cinéma et de la radio, elle contribuera à réconcilier ses sujets avec la servitude qui sera leur sort. »

Aldous Huxley, préface de l’édition de 1946 du Meilleur des mondes ; traduction de Jules Castier ; éditions Plon.

Cette phrase d’Aldous Huxley n’est qu’une réactualisation de la fameuse maxime Panem et circences.

Panem et circenses (traduite mot à mot : Pain et jeux du cirque) est une expression latine utilisée dans la Rome antique pour dénoncer l’usage délibéré fait par les empereurs romains de distributions de pain et d’organisation de jeux dans le but de flatter le peuple afin de s’attirer la bienveillance de l’opinion populaire. L’expression est attribuée au poète latin Juvénal, qui lui donne un sens satirique et péjoratif.

Aujourd’hui, elle est souvent utilisée pour signifier la relation biaisée qui peut s’établir dans ces périodes de relâchement, ou de décadence, entre une population qui peut se laisser aller, se satisfaire de pain et de jeux, c’est-à-dire de se contenter de se nourrir et de se divertir et ne plus se soucier d’enjeux plus exigeants ou à plus long terme concernant le destin de la vie individuelle ou collective, et un pouvoir politique qui peut être tenté d’exploiter ces tendances « à la vie facile et heureuse » par la promotion de discours et de programmes d’action populistes ou court-termistes.

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