La police désavouée par la Justice

Le Réseau-Identités vient d’avoir son premier Gardé à Vue et il a un nom… Enfin, un pseudonyme car Pierre a du prétexter une « gastro » pour ne pas se faire licencier par son patron pour son absence du lundi. Les temps sont durs que voulez-vous…

Ainsi donc, venus une fois de plus manifester  leur opposition à la loi sur le “mariage pour tous”, la délégation du Réseau conduite par son porte-parole Richard Roudier, a rapidement focalisé l’attention des forces de l’ordre. Motif: appartenance à un groupe identitaire! « Eh bien oui, messieurs les représentants des forces de l’ordre, nous assumons, le Réseau-identités est bien un mouvement identitaire et patriote! »

Fouille des sacs, mains sur la tête, palpation des parties intimes, la fébrilité policière devait rapidement se transformer en opération de police politique.  Le comble du ridicule fut atteint  lorsque un officier du détachement « flicard » ordonna l’interpellation de Pierre pour « détention de matériel de transmission et de défense ». Trente heures de GAV, ce n’était pas pour dérouter notre ami, ce dernier étant sensé être familiarisé avec une réalité bien connue de tout militant: la démocratie à géométrie variable… Selon que vous serez politiquement corrects ou non, vous serez jugés blanc ou noir!

La fin des 24 heures  légales approchant, Pierre attendait avec philosophie sa remise en liberté lorsque l’OPJ lui signifia sa proche présentation devant le substitut du procureur afin de statuer sur sa possible mise en examen. Accompagné de ses nouveaux compagnons d’infortune, eux aussi interpelés en marge de la “manif pour tous”, en route dans le panier à salades, menottes aux poignets, pour les si chaleureuses cellules du « dépôt » –la fameuse souricière bien connue des pégriots- située sous le Tribunal de Grande Instance de Paris. Fouille, verrous, escaliers, grilles, refouille… Gardiens et racailles, tous aussi étonnés de voir des individus  ne correspondant pas du tout au « public » habituel de ces lieux. Fonctionnaires et délinquants également d’accord avec notre opposition à cette loi considérée par tous comme « contre nature »! Paradoxe que cette unanimité…

Cinq heures d’attente plus tard une idée folle commençait à s’insinuer peu à peu dans l’esprit de Pierre: et si le seul fait d’avoir été présent à une manifestation par essence anti-gouvernementale le conduisait d’OPJ et de commissariat, en procureur et dépôt, puis en Maison d’arrêt et matons? Pierre crut donc avoir mal entendu lorsque le substitut du procureur lui annonça le classement sans suite de son dossier… Le fonctionnaire qui le ramena hors des murs du dépôt résuma bien cette affaire « Tout ça pour ça! ».

Il faut dire que durant tout ce temps, les membres du Réseau n’étaient pas demeurés inactifs, mettant un peu de « rambal » au commissariat du 15ème arrondissement, puis dépêchant un avocat qui put s’entretenir avec le gardé à vue quelques heures seulement après son interpellation.

Pierre a pu ainsi rentrer chez lui, savourer cette liberté toute neuve qu’il avait bien failli perdre sur un emballement de la machine à réprimer qui cimente désormais la société française de souche. Qu’en sera-t-il lors de sa prochaine manifestation? Qu’en sera t’il le 26 mai par exemple…

Le 27/04/2013

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