Casse-toi, pôv con, nouveau syndrome sociétal

Provocateur ce titre ? Non. Il ne fait que traduire l’émergence d’un nouvel état d’esprit de fronde et de rébellion qui se développe et à se manifeste ouvertement dans les milieux populaires.

Rappel des faits : en 2008, Nicolas Sarkosy lance cette invective à un quidam qui refusait de lui serrer la main. Quelques mois plus tard le sieur Hervé Eon la retourne à Sarkosy, sur une affichette. Eon est poursuivi pour délit d’offense au Chef de l’Etat et en final, est condamné à 30 euros d’amende. Mais en 2013, la Cour Européenne des Droits de l’Homme désavoue la France, estimant que cette condamnation pénale constituait un viol de la liberté d’expression.

Quid de ce délit d’offense ? il est régi par la très vieille loi du 29 juillet 1881 dite « sur la Liberté de la Presse », loi fourre-tout qui a permis depuis plus de 130 ans, avec le renfort et l’empilement de lois plus récentes (Pleven, Gayssot) et avec la mise en œuvre de dispositifs supplétifs particulièrement hargneux (la Halde, les Ligues dites antiracistes, véritables institutions accusatrices publiques …), de mettre en œuvre tout un arsenal répressif visant à museler la liberté d’expression et de critique politique et religieuse en France. Colombani (du Monde), Houellebecq, Zemmour (entre autres, ainsi que votre serviteur) en savent quelque chose.

Les articles 23 et 26 de cette loi répriment toute expression offensante ou de mépris, toute imputation diffamatoire qui seraient attentatoires à l’honneur ou à la considération du Président de la République. Il s’agit d’un délit de lèse-président, au relent d’absolutisme royal, punissable d’une amende pouvant atteindre 45 000 euros. C’est une épée accrochée à un cheveu de Boudinet suspendue au dessus de la tête de toute personne suffisamment en colère et hardie, susceptible de s’enflammer à l’occasion d’une critique du président.

Jusqu’à présent, ce dernier, voulant se donner l’image bisounours d’un gentil président, a laissé tranquilles les moqueurs et les railleurs. Plus habile, Il préfère user d’autres voies, à l’impact moins « individualisé », pour nous contraindre et faire taire ses opposants.

Mais les temps changent ; les mécontents sont de plus en plus nombreux, de plus en plus offensifs et ils le font savoir en apostrophant directement et rudement le Président. Retour à Dijon il y a quelques jours : Boudinet, qui avait cru naïvement qu’il lui serait facile de reconquérir l’amour de son peuple en se frottant à lui sous couvert d’une misérable opération de racolage sur la voie publique et de tournées de bistrots, se ramasse coup sur coup trois camouflets cinglants.

Tout d’abord ce militant de l’ultra gauche qui a rappelé à celui en qui il avait cru, ses promesses non tenues, expulsé des lieux par des policiers avec une brutale inouïe et disproportionnée (on aimerait être sûr, à ce propos, que la clé au cou qui lui a été infligée par un garde du corps très zélé, a été beaucoup moins douloureuse que le « traumatisme » subi par la musulmane à qui un « indigné » avait arraché son voile à Nantes il y a 6 mois ; deux traitements qui ont valu, à celui-ci une peine de 5 mois de prison avec sursis et à celle-là un ITT de 3 jours et l’impunité pour son infraction de port de voile intégral en public). Puis deux femmes, braves et sans peur, ont balancé à Boudinet ses quatre vérités : d’abord une fragile mamie qui, benoîtement mais très fermement, a ramené Dame Valoche à son statut de femme unanimement honnie, laissant Boudinet coi et penaud ; puis une autre citoyenne, qui, après avoir refusé de poser avec lui, lui a clairement fait savoir qu’elle ne pouvait plus le sentir ni le voir, en peinture, en photographie et en télévision.

Mais il ne s’agit là que de broutilles, certes anecdotiques et réjouissantes, mais sans grande portée politique sur le cours des choses, si ce n’est qu’elles sont révélatrices de l’état d’esprit de rébellion et de défi envers l’Etat prédateur et trompeur et ses plus hauts représentants (le coup de gueule et de botte de Depardieu est de même nature). Plus sérieux et significatif en termes de conséquences politiques, est le bras de fer avec le Pouvoir, qu’a engagé il y a quelques jours Xavier Kemlin, héritier de la famille Geoffroy-Guichard (du Groupe Casino), sorte de Don Quichotte-Robin des Bois, redresseur de torts au service du Bien Public. Ce monsieur est allé porter plainte au Commissariat de Saint Etienne contre Valérie Première, au motif que, vivant et entretenue sans aucun droit aux crochets et sous les lambris dorés de la République, elle se trouve de fait, coupable de détournement de fonds publics et qu’elle accapare une part des impôts des contribuables.

La réaction, immédiate, n’a pas manqué de se manifester : mobilisation du Procureur de service et des « Renseignements Généraux » ; intimidation et tracasseries diverses envers le plaignant ; refus par la police d’enregistrer sa plainte. Xavier Kemlin vient de se lancer dans un combat où, si le Droit devrait être, en principe, de son côté, il doit s’attendre à tous les coups tordus, légaux, simili légaux et illégaux.

Quand Xavier Kemlin s’attaque à Valoche au motif qu’elle bénéficie indûment d’avantages en nature et pécuniaires et que cela constitue un détournement de fait, de l’argent public, c’est, (du moins tant que la dame est encore bien en Cour), s’attaquer indirectement à Boudinet. Et là, selon la référence que fait Kemlin à l’article 13 de la Constitution, on ne se trouve plus dans le simple registre de l’offense ou de l’outrage à Chef de l’Etat et à sa compagne ou de la simple critique politique. Kemlin touche indirectement à la gravissime accusation de forfaiture, le plus haut magistrat de France accordant, en dehors et au mépris des règles constitutionnelles, un emploi civil d’Etat indu à sa maîtresse. J’espère pour lui, qu’il pourra s’assurer l’assistance d’un excellent avocat.

On me dira que ce grief indirect à Boudinet, aurait pu être également adressé en son temps à Mitterrand au sujet de sa maîtresse Pingeot et de sa fille Mazarine, et que finalement, tout s’est passé sans scandale pour lui, sans aucun blâme officiel ou populaire, sans qu’aucune procédure ait été diligentée contre lui. C’est oublier que l’affaire est restée inconnue du grand public jusqu’au bout et qu’elle n’a jamais pris l’allure de l’étalage honteux et arrogant, en temps réel, de ce qu’il faut bien appeler les turpitudes du couple Hollande-Trierweiler.

Par turpitudes, je ne fais pas spécialement référence au plan sexuel (ce dont on peut se moquer après tout), mais à tout ce qui touche à leur état de concubins, parfaitement caractérisé au regard de la loi mais non assumé et acté dans les faits. Car, il faut être clair et lucide et se poser la question : pourquoi Hollande ne se marie-t-il jamais ? pourquoi ne se pacse-t-il pas ? pourquoi, dans la mesure où ces deux-là vivent en concubinage notoire, avec tant d’éléments le prouvant, le Fisc ne leur applique-t-il pas en la circonstance la loi commune ? notamment en ce qui concerne la déclaration groupée de leurs impôts ? et celle de leur patrimoine ? Déjà, de temps de Ségolène, de méchantes rumeurs ont couru sur l’état de leur patrimoine judicieusement éclaté et sur des artifices de camouflage de leurs avoirs et de leurs biens immobiliers (sous évaluations, constitution de SCI), afin, disait-on, de leur permettre d’échapper à l’impôt et particulièrement à l’ISF ?

Personnellement je ne suis pas en mesure de prouver que tel est le cas et je ne porte aucune accusation directe ; mais l’ambiguïté de la situation est telle que la question peut légitimement se poser : oui ou non le couple Boudinet-Valoche, a-t-il organisé sa mise hors du champ de l’application de l’ISF ? que la réponse soit positive ou négative, ne change d’ailleurs pas grand-chose sur le fond. Le simple fait de faire naître et prospérer une légitime suspicion sur ce sujet pose problème. Faudra-t-il attendre que la vérité et un éventuel scandale (alors surmultiplié) éclatent, comme cela vient de se passer pour l’imprudent et impudent Cahuzac ? c’est  beau, et noble, et digne, et très responsable (et ô combien exonérant de ses propres manquements), de la part d’un président, d’exiger le « sans-faute » de la part d’un de ses ministres (par ailleurs, non encore convaincu de ce qui lui est reproché, mais simplement mis en examen). Encore faudrait-il que ce cher, très cher président, s’applique à lui-même la même exigence, en sortant de la situation ambiguë dans laquelle il se trouve. Car depuis le fameux et remarquable précédent instauré par César (dont la femme ne devait même pas être soupçonnée), il devrait être de règle, pour tout homme politique (et a fortiori pour le Chef de l’Etat), honnête et soucieux, d’une part, de sa propre dignité et de sa respectabilité et d’autre part, du respect qu’il doit lui-même au peuple qui lui a délégué ses pouvoirs, de se mettre réellement (et non pas artificiellement) hors de tout soupçon de passe-droit, de népotisme, de prise illégale d’intérêts, d’abus de pouvoir et d’autorité. En la circonstance, je considère que pour le moins, Boudinet, d’une manière ou d’une autre, trompe ou trouble les français et se rend ainsi coupable d’une très mauvaise action.

Est-ce une offense que de prétendre cela ? Je ne le sais pas, le délit d’offense n’ayant jamais été clairement défini dans les textes, et je m’en moque. Mais en la circonstance, et dans tous les cas où quelqu’un émet une critique politique ou même une remarque personnelle sur le président, se pose cependant la question : où commence l’offense au Chef de l’Etat ? et quelle est sa légalité ? Pour l’éminente constitutionnaliste Anne-Marie Le Pourhiet, la loi de 1881 constitue un bréviaire totalitaire, pesant sur la liberté d’expression. Elle dénonce dans le même esprit, tous les mécanismes de pression exercés par les minorités activistes sur les hommes du pouvoir et qui entraînent un totalitarisme orwellien sur tous les esprits, se traduisant par une forme de dictature sur ceux des dirigeants et par une soumission apeurée sur ceux des dirigés.

Bien placée pour en juger, elle est atterrée par toutes les emprises totalitaristes qui se répandent à tous les niveaux de la vie politique et civile et par les menaces et les répressions qui en résultent pour ceux qui pensent et qui s’expriment incorrectement. Dernier exemple du niveau insupportable atteint par cette dictature masquée : Boudinet vient d’annoncer à Toulouse, tout content de lui, qu’il « veillerait à contraindre les réseaux sociaux à fournir à la justice les noms des auteurs de messages racistes ou antisémites sur la toile ». Est-ce vraiment la tache du premier magistrat de la France de s’ériger en Grand Inquisiteur, en Grand Accusateur Public, ou pire, en Grand Incitateur à la Délation Publique et Aux Règlements de Compte? La France reléguée au niveau de Cuba et de la Corée du Nord. Boudinet ne se rend même pas compte de l’outrance, de l’indignité  de ses propos et de leur portée.

Est-ce que je me rends coupable d’offense en disant tout cela, en critiquant la perversion de sa conception de ses obligations régaliennes, en critiquant ses modes de vie (en considération du fait que sa vie privée est intimement liée, de par la nature de ses actes mêmes, à sa vie politique), et en disant tout simplement qu’il ne suscite pas le respect ? Pour éviter d’être l’objet d’offenses, il faut d’abord se comporter en homme respectable et en président respectable, ce qui ne me paraît absolument pas être le cas. N’est-ce pas lui qui a insulté récemment une large fraction des français (les deux tiers peut-être, selon les sondages) en les traitant de blaireaux qu’il fallait éradiquer et que cela constituait « une charge nationale »?. N’est-ce pas indigne, de la part d’un Président de la République ?

Et tomberais-je sous le coup de la loi de 1881 si je disais, pour terminer, que je trouve Boudinet physiquement repoussant et son image insupportable ? Je le confesse, je lui trouve une allure grotesque avec son éternel costume étriqué de premier communiant, sa sempiternelle cravate d’un bleu fatigué, sa callipyge silhouette d’Adonis Hottentot, sa gaucherie guindée, ses faux airs de dur ? Est-ce que je porte atteinte à sa considération si je m’étonne qu’il puisse, malgré sa petite taille, ses tristes paupières tombantes, ses cheveux anémiés, sa peau grumeleuse, attirer autant « certaines femmes » ?

Del-Amo

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